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Les biocarburants: l’avenir ou le passé?

06 juin 2017

Le mercredi 3 mai 2017, une conférence s’est tenue à Bruxelles avec pour thème l’écologisation du transport routier et le rôle que peuvent jouer les biocarburants. Une initiative de l’ONG danoise The Ecological Council’ . Une ONG intéressante notamment pour leurs recherches scientifiques dans le cadre de leur lobby pour plus de durabilité.

Le thème central de la discussion portait sur le ’Paquet d’hiver’ de la Commission européenne. Fin de l’année dernière, la Commission faisait quatre propositions pour, notamment, une Europe plus économe en énergie. D’ici 2030, l’UE doit réduire sa consommation énergétique de 30% et contribuer aux engagements internationaux en matière de climat.

OPPORTUNITÉS ET MENACES

Arthur Neslen, correspondant à l’UE pour The Guardian, désignait les biocarburants comme étant “the gift that keeps on giving”, en regard des nombreuses discussions et controverses qui y sont liées. Les biocarburants de première génération peuvent être des concurrents pour les produits alimentaires car ils nécessitent des terres agricoles précieuses et rares. Les biocarburants de seconde génération (pensez à l’huile de friture) ne présentent pas ces inconvénients, mais sont plus énergivores au cours du processus de production. Toutefois, les orateurs étaient unanimes sur les possibilités qu’offrent les biocarburants : ils représentent un moyen relativement abordable pour réduire davantage les gaz à effet de serre et autres émissions.

VE vs BIOCARBURANTS

Mais à quel rythme et sous quelle forme ? Quel rôle joueront encore les biocarburants alors que déjà actuellement, la mobilité électrique connaît une sérieuse progression ? Hans Hendrik Lindboe du Ecological Council a fait l’analyse que la progression des VE en Europe pourrait aller bien plus vite que prévu. Selon Lindboe, d’ici 2022 à 2023, les coûts à prévoir seront inférieurs à ceux d’une voiture équipée d’un moteur à combustion.

La Commission n’a bien sûr pas de boule de cristal. Selon les participants, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire ; et donc, investir également dans les infrastructures de bornes de chargement ! Mais il est incontestable que la deuxième génération des biocarburants pourra fortement contribuer à la réduction du CO2.

PAS DE NOUVEAU DIESELGATE

Ana Maria Bravo de DuPont Industrial était d’avis que la Commission devrait être plus ambitieuse et plus écologique en matière de biocarburants. Le transport routier peut très rapidement devenir propre à condition que les entreprises obtiennent plus de garantie sur les investissements.

Un conseil en matière de politique largement soutenu, notamment, par Pete Harisson de la European Climate foundation. La politique d’avenir à suivre doit être durable et offrir des garanties. Il doit y avoir un consensus social, grâce auquel les processus peuvent être accélérés. Comme le faisait remarquer un des orateurs: “we don’t want another dieselgate.” Et c’est ce donc il est question.

Quant au développement qu’aura le transport propre, cela reste encore une inconnue. PitPoint espère que les autorités de La Haye ou de Bruxelles, les entreprises et les ONG veilleront à l’essor écologique du transport routier. Nous sommes persuadés qu’une bonne combinaison de produits sera la solution. Biocarburants, VE, mais aussi CNG/Gaz vert et hydrogène y contribuent tous.

Il ne faut certainement pas se croiser les bras. La presse rapportait il y a peu que les utilisateurs de véhicules en leasing optent à nouveau de plus en plus pour le diesel. La cause en est l’arrêt des stimulants fiscaux pour la technologie Plug-in Hybrid. Voilà pourquoi nous le crions haut et fort : continuez à promouvoir les véhicules propres ! Un nouveau ’dieselgate’ est bien la dernière chose que l’Europe voudrait voir.