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Des fissures dans le bastion européen du diesel

Par Erik Kemink, Directeur de PitPoint

31 août 2017

FOSSILES D’ARRIÈRE-GARDE

En 2015 déjà, le scandale du « dieselgate » a démontré à l’Europe qu’un changement radical était nécessaire et que le temps des carburants fossiles étatit terminé. De plus en plus, des fissures apparaissent dans le bastion européen du diesel. Le 2 août, un ’forum national sur le diesel’ s’est tenu à Berlin, organisé par Alexander Dobrindt, le ministre allemand des transports. Les constructeurs automobiles devaient présenter des solutions afin d’éviter de nouveaux scandales.

Durant ce forum, la décision a été prise d’équiper cinq millions de véhicules diesel de nouveaux softwares afin de diminuer les émissions de CO2 de 25 à 30%. Le gouvernement allemand a également invité les constructeurs à eux-mêmes présenter aux consommateurs un programme de mise à la casse afin d’échanger les vieux moteurs diesel contre des nouveaux. Beaucoup d’Allemands sont d’avis que leurs autorités protègent trop les intérêts de l’industrie.

Les constructeurs mèneraient-ils un combat d’arrière-garde ? Alors qu’actuellement de plus en plus de villes bannissent le diesel.

LES JUGES S’INTÉRESSENT À LA QUALITÉ DE L’AIR

Pour PitPoint, il est grand temps que l’Allemagne organise un forum au niveau européen sur le thème des carburants propres. Ils peuvent prendre le Royaume-Uni en exemple. Le nouveau gouvernement britannique a la ferme intention d’arrêter la vente des voitures à essence et au diesel à partir de 2040. Au Royaume-Uni, le pouvoir judiciaire a estimé récemment que le gouvernement devait établir des plans plus ambitieux pour réduire la pollution de l’air. Le 23 août aux Pays-Bas, une procédure en référé a été lancée contre l’État, par laquelle ‘Milieudefensie’ (l’organisation néerlandaise de défense de l’environnement) veut faire valoir la qualité de l’air.

Le tribunal néerlandais va-t-il s’intéresser à ce qui se passe de l’autre côté de la Manche ? Et un coup d’œil chez nos voisins du sud ne serait pas du luxe non plus. À savoir que L’Union européenne entame une procédure d’infraction envers sa propre capitale. En effet, cela fait sept années consécutives que Bruxelles n’atteint pas la norme en matière d’émissions de dioxyde d’azote. Une bonne occasion pour Greenpeace Belgique de plaider pour l’interdiction des diesels dans les villes d’ici 2020.

L’ÉCOLOGISATION EST DÉJÀ RÉALISABLE

La Commission européenne est en train d’établir des plans de grande envergure. Elle envisage d’imposer des quotas aux constructeurs pour des véhicules zéro émission. Il convient que les autorités locales, nationales et supranationales établissent des plans ambitieux pour l’écologisation de la mobilité. Mon espoir est que dans cette mouvance, les carburants propres puissent recevoir une chance équitable.

Pourquoi attendre 2020 ou 2040, alors que nous pourrions dès maintenant passer au CNG par exemple ? L’Europe est prête, c’est au tour des autorités maintenant.

Erik Kemink